Comment se passent vos journées aujourd’hui ?

Nous vivons entre la France, le Mexique et le Maroc. En France nous avons profité de notre maison à Gaillac, dans le Sud-Ouest pendant le confinement. En Europe, nous suivons nos chantiers. Au Mexique nous habitons à San Miguel de Allende où nous accueillons nos amis français, marocains, et nous y préparons des fêtes mexicaines. Nous passons également nos journées à jardiner dans notre jardin privé botanique au bord du lac de Chapala. Nous aimons arpenter l’altiplano mexicain, pour récolter des graines pour nos jardins.

Pourquoi êtes-vous venu vous installer au Mexique ?

Nous voulions découvrir un autre univers. Notre choix c’est alors porté sur le Mexique en partie à cause de ses paysages et déserts arides a perte de vue.  Le Mexique est aussi le pays de notre architecte préféré, Luis Barragan.  Ce pays est devenu notre pays d’adoption.

Qu’est-ce que vous préférez faire dans la vie ?

Notre plus grand plaisir est d’aller chercher des graines en milieu naturel, tout en restant attentifs à la préservation du milieu. Nous ne ramassons que des graines et boutures naturelles et ordinaires.

Pouvez-vous nous résumer votre travail en quelques mots.

Nous recréons une nature artificielle en faisant cohabiter des plantes et végétaux qui dans la nature ne vivent pas ensemble. Ces plantations évoluent de façon spontanée, libre, sans intervention humaine.

Quelles émotions vous habitent ?

Je suis émerveillé par l’évolution constante de la nature environnante  et par l’évolution de nos jardins. Il y découvre  toujours  de l’imprévu,  des transformations. C’est extraordinaire.

Qu’est-ce- qu’un jardin idéal ?

C’est un jardin dans lequel on est constamment surpris, aussi surpris que lors d’une promenade dans la nature. Le jardin est un espace de plaisir, de liberté et d’expression personnelle. Ce qui nous plaît, c’est la nature véritable.

Quelles sont vos plantes et arbres préférés ?

Il n’y a pas de plantes ou d’arbres préférés en ce qui me concerne.  Il y a les arbres et plantes, mis en terre, à l’endroit qu’il faut. Je dirais que je privilégie des plantes et espèces naturelles.
J’ai moins d’affinité pour les hybrides. Au Mexique, j’affectionne tout particulièrement le Garambullos, un cactus arbuste qui donne des fruits comestibles au goût de myrtille.
Nous avons donné son nom à notre résidence à Saint Miguel de Allende.

En une phrase, pouvez-vous résumer ce que vous ressentez aujourd’hui avec le Covid 19 ?

« Qu’est-ce que deux mois dans la vie, ce n’est rien du tout. Je pense que ça ne changera strictement rien à nos vie »

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans la période que nous vivons actuellement ?

La disparition inévitable du vivant et du sauvage. C’est terrible ! La capacité du vivant à recoloniser des espaces est moindre par rapport à sa capacité à la détruire. 

Quelle place tient le jardin dans la société aujourd’hui ?

Je déplore qu’aujourd’hui les jardins n’aient aucune fantaisie. Ce sont toujours des pelouses tondues, habillées toujours avec les mêmes plantes. Les seuls jardins qui tirent leurs épingles du jeu ce sont les jardins potagers et les jardins ouvriers. Les gens pensent s’intéresser à leur jardin, mais en réalité ils ne s’y intéressent que de loin, du fond leurs salons parisiens. C’est un comble et c’est si triste !

Pamela de Monbrison

Arnaud Maurières et Eric Ossart

# Ossart & Maurières
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