© installation photographique Anne Garde – 2016
© installation photographique Anne Garde – 2016
© installation photographique Anne Garde – 2016

 

Installation photographique Anne Garde 2016

L’extrême légèreté de la couverture de survie or, doublé d’argent, est ici le symbole de la migration, sauvé de la noyade, du froid, de la peur, de la disparition. Mais le vent, jouant ses tours, la transforme à son gré en tapis volant, les pliures lui donnant parfois un sens impondérable. L’homme devient animal, bête anti-diluvienne, chimère et s’anime d’un espoir informulé entre l’Océan, le sable, le soleil et le ciel. C’est l’alliance de l’homme nu et de l’immensité, de l’éphémère, de l’ailleurs et de la barbarie…

Anne Garde joue elle aussi, le regard vissé vers l’au-delà, avec ses rêves audacieux de vues d’ensemble et de ses créations solaires de cerfs-volants dans l’espace. Diamants, arcs en ciel, vagues violentes aux franges d’écume d’un blanc attirant et dangereux, sous le ciel limpide, à perte de vue… L’humain en est absent, mais la présence des migrants est palpable, visible pour qui sait voir. Anne voit, avec d’improbables outils entre peinture, poésie et inventions. Son regard acéré et sans concession pénètre le large, le désert, les lointains, la lumière et l’angoissante proximité. Elle nous rend le désir de saisir la vie, de la respirer et de la matérialiser avec ses visions lumineuses, navigant librement, fuyant puis lâchant prise.

Mais Anne, au centre même du mythe, défie incertitudes et naufrages, contrôle l’instant décisif et shoote. L’image sera chaque fois d’une beauté provocante et définitive.

Laure Vernière, Paris, 2016

www.annegarde.com # Laure Vernière
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