© Anne Garde
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Cette Cinecitt à indienne de sept cents hectares a été crée en 1996 par Ramoji Rao, grand producteur de films en langue telugu. Habile homme d’affaires, richissime industriel mégalomane de Hyderabad, il a voulu que Tellywood rivalise ici avec le célèbre Bollywood de Bombay.

Ramoji City est une expérience démesurée et surprenante. C’est un mélange baroque de vrai et de faux : de vrais parcs d’attractions, de vrais restaurants et de vrais hôtels cinq étoiles pour touristes indiens et quelques étrangers…Mais tout le reste est faux, réaliste, mais vide et sans âme. On peut voir sur des kilomètres un aéroport, une autoroute, une gare indienne, une prison, des mosquées, des temples des grandes surfaces, des fermes, des complexes urbains.

Au centre de places imposantes trônent des statues gréco-romaines, égyptiennes, de dieux hindous ou de célébrités politiques, toutes remplaçables à la demande des metteurs en scène… Et puis voilà une piscine, des murs couverts de vieilles affiches de cinéma, des cascades artificielles, un jardin japonais…

Et enfin, et c’est le clou de Ramodji city, une vaste prairie vallonnée accueille de magnifiques topiaires sous forme d’animaux poétiques et vraiment zen. Les jardiniers sculpteurs ont dû se souvenir de l’art topiaire des jardins anglais, sinon de celui des miniatures persanes. Leur technique est impeccable, les bêtes de buis sont parfaitement taillées, minutieusement arrosées, et l’atmosphère est délicieusement pastorale.

Cette nouvelle vision indienne de l’art topiaire est troublante dans ce décor vaste et vert et presque incongru : Les éléphants trempent-ils leur trompe dans ce bassin de nénuphars ? Les girafes broutent-t-elles des feuilles au pic de ces vrais arbres ? Les rhinocéros s’attaquent-t-ils pour de vrai ?

Vers où courent ces cerfs, leurs biches et leurs faons ? Et les oiseaux sont-ils prêts à s’envoler vers le sud ? Dans ce lieu magique, pour nous, le temps, comme leur vol, est suspendu.

Laure Vernière

www.annegarde.com # Laure Vernière
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